Gris aixois

« (…) on croit voir un fourmillement de couleurs, et là, c’est du gris, du vrai gris de la qualité la plus noble. Ne croyez pas au peintre qui fourre dans ce pays-ci le rouge sang, le jaune d’or, le vert vinaigre. Tout est gris. C’est sur ce gris, à la fin de l’hiver, que jouent les blancs et les roses des fleurs d’amandiers, c’est contre ce gris que s’appuiera l’azur du ciel d’été, c’est de ce gris que s’échapperont les flammes à peine citronnées de l’automne (…) c’est le gris qui vous enveloppe ; un gris étrange fait de lumière intense. »

Jean Giono, Provence